Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 23:16

 

- Qu'est ce que tu fais?

Lorsqu'Anisse entra, j'étais équipé d' un casque audio me permettant d'écouter un interrogatoire que j'avais effectué dans l'après midi. Même si j'étais plongé dans mon travail, enfermé dans ma bulle d'espace, il m'aurait été difficile de ne pas  comprendre qu'une entité souhaitait communiquer avec moi.

Tout d'abord parce que j'ai senti son parfum au moment ou elle a franchi la porte. Sachant qu'Anisse est une personne empreint au dialogue, à l'apparition de son ombre sur le bureau, je me tournai pour lui faire face. L'expression de son visage m'indiquait qu'elle avait déjà tenté d'établir un contact verbal.  

- Comment?

- Tu écoutes de la musique?

- Non. C'est mon interview.

- Et qui as-tu interviewer mon petit reporter?

- Un écrivain.

- Oh. il est célèbre.

- Non, il est de la région.

- Et alors, Philippe Delerme ne vit pas en Pologne, que je sache. 

- Ce n'est pas lui.

- Dis le si je te dérange...

- Non, mon p'tit brin d'anis mais là je suis occupé.

- Donc je te dérange!

- Oui...

- Quand tu voudras me parler, je serai occupée moi aussi.

- Je devais faire une pause de toute façon...

- Ce n'est pas grave j'ai des choses à faire, moi.

- Oh. Mon p'tit boudin...

- Ne m'appelles pas comme ça!

- Tu fais ton p'tit caprice des dieux...

- Crois moi, quand je t'en ferai un fromage ce ne sera pas la vache qui rit, mais un maroilles et tu le sentiras passer.

- Les vaches folles font plutôt du camembert par chez nous.

- Tu peux te le garder ton camembert... Et ton calva, très peu pour moi.

- La Normandie, tu l'aime ou tu la quitte. Pourquoi tu ne retournes pas à Nice?

- J'y retournerai c'est certain.

- Ah, Trois semaines ce n'est pas suffisant?

- Oui oh, ce ne sont pas des vacances.

- Quand on fait ce qu'on aime, pour moi, c'est un peu des vacances.

- C'est bien, tu fais ce que tu aimes alors tu es en vacances. Egalité balle au centre.

- Je n'ai pas envie d'une dispute, ce serait domage de se quitter sur une fausse note.

- Ce n'est que pour trois semaines, tu n'es pas perdu.

- Oui, mais tu vas me manquer...

- Oh le petit ourson. Il est malheureux. Fais un câlin à t'Anisse.

Comme elle était assise sur le bord du bureau, elle passa ses bras autour de mon cou et d'un geste m'obligea à réfugier ma tête contre sa poitrine. Je ne me fis pas prier. 

- A propos, as-tu été voir le médecin?

- Je suis passé à l'hôpital voir ma mère et je lui en ai parlé.

- Et alors?

- Et alors, j'ai vu un chirurgien. Il m'a conseiller un confrère.

- C'est tout?

- J'ai pris un rendez vous, oui, c'est tout.

Je l'écoutais. Je répondais à ses interrogations, mais j'avais l'esprit ailleurs. Je pensais au montage de mon interview. 

123 soleil

Non, pas du tout. En réalité, je fus happé par le désir de  l'honorer comme il se doit.

Anisse n'y fut pas insensible. Puis d'un revers d'exclamation, elle me renvoya à mes obligations.

- Bon, vas faire tes mixages parce que là tu m'énerves!

- A vos ordres mon commandant! Un peu, beaucoup, passionnément...

- Rompez!

 

 

Par DAVID SPACE
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