Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 23:23

« Il fait froid, et pourtant je ne sens rien.

Il fait sombre, et pourtant ce n'est pas la nuit.

Je me sens seul et pourtant il y a du monde.

Je ne sais pas où je suis, mais ça ne m'inquiète pas.

Je n'ai plus d'autre question, pour le moment. »

 

Il y a comme un goût amer en nous,

comme un goût de poussière dans tout

et la colère qui nous suit partout

il y a des silences qui disent beaucoup

plus que tous les mots qu'on avoue

et toute ces questions

qui ne tiennent pas debout

Et ces batailles dont on se fou..

c'est comme une fatigue, un dégout

à quoi ça sert de courir partout

on garde cette blessure en nous

comme une éclaboussure de boue

qui ne change rien, qui change tout

 

évidemment, évidemment,

on danse encore sur les accords

qu'on aimait tant

évidemment, évidemment,

on rit encore pour des bêtises

comme des enfants

mais pas comme avant


Michel Berger

 

 

Quinze ans plus tôt.

 

 

J'avais 17 ans, enfin, presque 18.

C'était un 2 juillet, je m'en souviens comme si c'était hier.

J'étais assis au zinc du bar de ce pub, le DIAMANT NOIR. Elle était là devant moi et je la regardais

émerveillé. Elle portait une magnifique robe noire qui lui découvrait le dos, et de petits escarpins qui lui galbaient merveilleusement les mollets.

Il ne m'en fallait pas plus pour être en admiration. Si, c'est peut être un détail pour vous, mais elle jouait du piano debout.

Je suis tombé immédiatement sous son charme. Dans ces jeux de regards, j'ai perçu à l'instant que cette rencontre allait changer irrémédiablement le court de l'existence.

C'est étrange comme il est des situations qui se passent aisément de grand discours.

La communication verbale devient quasiment inutile. Tout ce qui pourrait être dit semble alors pire que le silence.

Et c'est pourquoi j'eus mieux fait de m'abstenir.

Malheureusement, je ne sais par quelle « liberté d'expression », je ne pus m'en empêcher:

 

 - Puis-je vous offrir un verre? Enfin lorsque vous aurez terminé votre prestation...

  - Commandez toujours, on verra, me répondit son sourire

   - Et que boirez-vous?
   - Ce sera un nectar d'abricot.
   - Très bien je vous attends. Mais prenez votre temps, j'aime beaucoup cette partition.

  J'étais suspendu à ses lèvres. Je n'aurais pas du lui dire de prendre son temps,
car lorsqu'elle eut terminé ce soir là, je ne la revis pas. Elle s'éloigna sans même se retourner.

Peut être avais-je mal interprété ce que j'eus cru qu'elle m'eut répondu. Peut être n'avais-je pas, tout simplement, prononcé ces paroles.

Pour m'en assurer, je m'adressai au barman:

 

 - Excusez moi, m'auriez vous vu parler à cette jeune femme qui jouait du piano?

   - Oui jeune homme, comme beaucoup de gens ici. Elle est très demandée.
   - Merci.

 

Je pris alors un dernier verre avant de rentrer pour plonger dans mon roman.

 

 

 

 

Par DAVID SPACE
Faire un petit pas vers l'homme - Voir les 2 grands pas pour l'hummanité
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