Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 16:21

« 26 Juillet 2008

 

- Alors comment allez vous aujourd'hui?

- Je dirais que je vais bien mais vous ne me croiriez pas.

- On va vous faire une petite toilette, ensuite vous pourrez manger un peu.

- Si vous le dites.

- Vous avez eu de la visite. Votre sœur. Vous étiez un peu ailleurs. Vous la verrez ce soir.

- Très bien.

- Vous vous souvenez de certains détails?

- Je me souviens que j'étais aux urgence, et pas en super forme.

- Le Médecin fait sa tournée pour 11 heures. Vous pourrez lui poser vos questions si vous en avez.

 

 

J'avais des questions, c'est certain, mais je n'étais pas aussi certain d'avoir envie de les poser.

Et ce n'était pas la curiosité qui m'en empêchait. Dans l'état où je me trouvais, je préférais simplement ne pas en savoir plus. Parfois la connaissance incarne un poids que l'on ne voudrait pas porter. Ce n'était pas une éclipse qui cachait mon soleil. Ce n'était pas non plus un arbre qui cachait la forêt. Si l'énergie équivaut à la masse par la célérité au carré, J'avais là un corps noir que je ne souhaitais pas éclairer. Et j'étais persuadé que j'en saurais d'avantage bien assez tôt. De plus, mon intuition me portait à croire qu'il n'y avait pas que des bonnes nouvelles. Alors dans l'immédiat, Je préférais largement faire l'autruche, sachant que la réalité me rattraperait sans crier gare.

Sur les rails de l'existence, le train de l'imprévu voyage sans billet. Le contrôleur a beau vérifier les titres de transports, il trouve toujours un passager non désiré. Certains sont impossible à dissuader.

On peut la mettre à l'amende, en cage, l'enfermer à perpétuité, la souffrance n'oublie personne. Elle passe à travers les barreaux comme la pensée. Elle glisse entre les doigts comme le sable fin. Et aussi sûr que l'eau ne tiendrait pas dans la main, elle marque au fer rouge. Elle laisse des cicatrices indélébiles.

Alors, il était temps de se souvenir, oui, mais plus loin dans l'espace. Des années derrières. Et du temps pour le faire, s'il avait manqué, j'en avais enfin. J'avais intérêt à en profiter, car on ne sait jamais combien d'unité il va durer.

Pourtant tout était déformé. Les propriétés de la physique classique trouvait limite ici. On dit qu'à grande échelle, une concentration importante d'énergie, donc de matière, peut déformer localement l'espace, et le temps par la même occasion. Oui, car l'espace c'est du temps. On ne peut se déplacer d'un point à autre sans utiliser du temps. De la même façon que si tout est mouvement, le temps ne peut se dérouler sans production de mouvement; la valse du temps sans que l'espace ne s'efface.

J'en déduisais qu'un univers pouvait être déformé sous l'effet de sa propre énergie-matière.

Ce devait être précisément le cas pour mon univers. En observant se qui se tramait autour de moi, je voyais bien que je ne voyageais pas à la même vitesse que le reste du monde.

Il y avait cependant un son qui me permettait d'évaluer l'unité de temps. Cette machine sur laquelle j'étais probablement branché émettait un bip régulier presque rassurant. »

 

 

 

- Tu ne dors pas? miroir_en_rouleau---Copie.jpg

- Non cette fois-ci j'ai attendu, comme ça tu ne pourra pas dire que c'est aussi de ma faute si on ne se vois pas assez.

- Tu es encore la dessus?

- Oui, Je m'intéresse à tes loisirs avant que tu ne me le reproches.

- Tu es encore la dessus.

- Oui, j'y suis encore. Je sais, toi, tu n'es pas rancunier, ça ne sert à...

- Rien! tu es parfait, j'ai tous les défauts, blablabla, blabla.

- Tu n'es finalement pas sorti?

- Arrête de me chiper mes répliques!

- Non. Tu as passé une bonne soirée?

- Oui, on peut dire ça.

- C'est là que tu te trompes.

- Je répondais pour moi.

- Tout ne s'est pas déroulé comme tu l'espérais?

- Si, mais c'est juste que j'ai une douleur au cou, je sais pas ce que ça peut être.

- Fais voir.

- Doucement!

- Chochotte! C'est un peu enflé. Il Faudra que tu montre ça, c'est assez étrange.

- Oui docteur.

- C'est pas moi la chochotte.

- Un bisou.

- Non!

- Tu as lu toute la soirée?

- Oui, maintenant que j'ai plongé, il faut que je nage jusqu'à l'autre rive.

- Pour nager, ça, tu vas nager. Fais attention de ne pas te noyer.

- Je pourrais même te repêcher.

- Pardon, madame a son B.N.S.S.A. Je suis meilleur à la pêche au thon.

- Et je suis l'exception qui confirme la règle?

- Ne sois pas insultante je te prie.

- Et moi je te prie de la mettre en veilleuse à présent. Je lisais avant que monsieur ne m'interrompt.

- Aie beg your pardon. Je vais aller prendre un antalgique afin de vous laisser en paix très chère.

- Merci.

Par DAVID SPACE
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