A défaut de comprendre ce qui pouvait bien se tramer au plus profond de mon être, j'étais probablement chagriné par l'absence d'Anisse. Ce n'est pas le genre d'émotion qu'on savoure ou qu'on s'avoue facilement. Tant bien que mal, j'utilisai des subterfuges pour combler ce trou béant qui emplissait ma poitrine. C'était plutôt efficace même si ce n'était qu'en apparence. Et si j'arrivai à flouer mes propres sens après tout c'était bien là le principal. S'accommoder à la brûlure que procure le manque n'est jamais simple. Et lorsqu'on est jeune cela parait insurmontable. D'ailleurs tout parait insurmontable lorsqu'on est jeune. On a beau souffrir on ne s'y fait jamais. Il faut constamment trouver le moyen permettant d'éradiquer la douleur.
La journée, je passais du temps à mes occupations. Je voyais mes amis aussi et pouvais oublier un moment qu'Anisse ne serait pas là quand je rentrerai. Mais une fois rentré effectivement, l'évidence du vide recouvrait tout son sens.
Pris d'émotion je trouvai la force d'écrire, de lui écrire, des mots qu'elle ne connaîtrait sans doute jamais, mais des mots qui libèrent. Des mots qui ne mentent pas. Pour cela il fallait que je m'inspire puisant à la source au travers des lectures. Nombreux sont ceux qui ont écrit. nombreux sont ceux qui ont été inspiré par le manque, par l'amour. Sans aucune prétention toutefois, je savais que je n'égalerai pas ces grands du mots, ces grand du verbe, ces grands de la prose et de la poésie. Mais j'avais découvert, sans m'en rendre compte, un moyen pour me soigner de ce qui m'affectait, l'amour.